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Accueil Histoire de la Bataille des Ardennes LA BATAILLE POUR LE PORT D'ANVERS

LA BATAILLE POUR LE PORT D'ANVERS

L’importance du port d’Anvers : Anvers est, à l’époque, le deuxième port d’Europe et sa prise par les Alliés leur permettrait d’accélérer l’approvisionnement de leurs troupes qui avancent vers l’Allemagne.

Mais Anvers est sur un estuaire et sa prise ne servira à rien tant que les Allemands tiendront les rives d’ accès au port. Il est donc indispensable de s’assurer les berges de l’estuaire.

Mais Montgomery qui veut à tout prix effectuer une percée rapide vers la Westphalie, fait la sourde oreille, à tel point que le 22 septembre, en pleine bataille d’Arnhem, Eisenhower lui télégraphie : « …J’insiste sur l’importance d’Anvers. Comme je vous l’ai dit je suis disposé à tout vous accorder en vue de la prise des approches d’Anvers…». La défaite d’Arnhem rendra le Commandant du Groupe d’Armées « Nord » plus accessible aux injonctions d’Eisenhower.

Mais les Allemands sont conscients de l’importance vitale du port. « …Chaque jour supplémentaire où nous refusons l’accès du port d’Anvers à l’ennemi et aux ressources dont il dispose peut être vital. »(Ordre du jour du 7 octobre 1944 du général von Zangen).

La lutte qui s’ensuivit pour les fortifications qui défendaient les approches du port fut meurtrière de part et d’autre.

La prise de l’estuaire : Le Général CRERAR, commandant la 1er Armée canadienne tombe malade et c’est au lieutenant-général Simonds qu’il appartient de conduire l’attaque. . En s’aidant d’inondations les Allemands se maintiennent entre Terneuzen et Knokke et il fallut aux Canadiens utiliser jusque 3 divisions du 6 au 26 octobre pour en déloger la seule 64° Division. Breskens tomba le 22 octobre et le Lieutenant-Général Eberding fut capturé le 1er novembre.

Restait l’île de Walcheren dont la partie centrale était sous le niveau de la mer. 1250 tonnes de bombes eurent raison de la digue qui la protégeait, provoquant d’importantes inondations en son centre. Mais les bords étaient occupés par des défenseurs acharnés de la 70° Division. Il fallut 9 jours à la 52°Lowlands Division britannique et à la 4° Brigade des commandos franco-belgo-anglais du Royal Marines Corps pour venir à bout des défenseurs allemands de l’île.

Le 28 novembre un premier convoi s’amarrait aux quais d’Anvers.

Coût de l’opération :

Le dégagement d’Anvers avait pris deux mois. Deux mois qui allaient coûter fort cher.

12.873 tués, blessés et disparus. 41.000 prisonniers allemands.

Sur la base de 40.000 tonnes par jour, ces deux mois représentent 2.400.000 tonnes de matériel dont l’acheminement en temps voulu eut permis au Général Eisenhower de ne pas stopper ses troupes le long de la ligne Siegfried, donnant ainsi aux troupes allemandes le temps de s’y retrancher.

Ni la bataille de Hürtgen ni la bataille des Ardennes n’auraient eu lieu.

En effet…

Après un repli précipité, les troupes allemandes établissent leur défense le long de la Ligne Siegfried, et l’offensive alliée dans les Ardennes s’arrête aux frontières de l’Allemagne.

A ce moment la frontière allemande était pratiquement ouverte, gardée seulement par des troupes démoralisées, affaiblies et trop peu nombreuses. De nombreux bunkers et fortins de la ligne Siegfried ne sont même pas armés.

La Bataille des Ardennes aurait-elle pu être évitée ?

Alors que le Gén. Patton, avec sa 3ème Armée, veut envahir la Sarre et pousser jusqu’au Rhin, et que le Maréchal Montgomery veut foncer vers Berlin et prendre l’armée russe de vitesse, le Président américain Roosevelt pense à sa campagne électorale et à la conférence de Yalta avec Staline.

De plus, suite à leur avance rapide, les armées alliées doivent faire face à d’importants problèmes d’acheminement de matériel, de nouvelles unités, de carburant et de munitions.

La position de Montgomery : Attaquer sans délai un point précis et enfoncer une flèche droit vers la Ruhr.

La position de Eisenhower : Couvrir un très large front, pilonner les défenses adverses et avancer tel un rouleau compresseur sur l’entièreté du front. Pour cela il devait temporiser, le temps que l’approvisionnement en hommes et en matériel soit complet.

C’est sans doute ce problème d’approvisionnement qui poussa le commandement allié à la prudence et lui fit rater l’opportunité qui se présentait à lui. Décision qui allait lui coûter 6 mois de retard et un grand nombre de vies humaines.

Estimant que le terrain difficile des Ardennes et les conditions hivernales allaient dissuader l’armée allemande d’attaquer dans cette région, le Général Eisenhower, commandant suprême des forces alliées en Europe (S.H.A.E.F.) prit le risque d’affaiblir le secteur.

contact : info@batarden.be
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