LA BATAILLE DES ARDENNES

L’offensive von Rundstedt – Le plan d’attaque :

Il est ironique de constater que cette offensive allait porter dans l’Histoire le nom de celui qui approuvait le moins le plan d’attaque.

Malgré ses réticences, le Maréchal von Rundstedt allait en effet être rappelé par Hitler parce qu’il avait la confiance des soldats.

Objectif_Bataille

 

 

 

 


Il s’agissait de foncer au travers des Ardennes, franchir la Meuse, reprendre les infrastructures portuaires d’Anvers pour empêcher l’acheminement du ravitaillement et des renforts, couper et isoler l’armée britannique de l’armée américaine, les contraindre à capituler séparément et obtenir ainsi la signature d’une paix séparée sur le front ouest. L’armée allemande de l’ouest pouvant alors être transférée à l’est pour arrêter la progression de l’armée russe.

Toutefois, le succès de l’offensive allait dépendre de plusieurs facteurs importants : une percée initiale rapide avec capture des dépôts d’essence des alliés, le contrôle des importants nœuds routiers, l’élargissement de la brèche pour permettre aux divisions allemandes de foncer au travers de la Belgique, et surtout un plafond bas afin d’empêcher l’intervention de l’aviation alliée.

Le commandement allemand avait décidé que l’effort principal de l’offensive allait reposer sur la 6ème Armée Blindée de Sepp Dietrich, qui devait attaquer par la trouée de Losheim, traverser les collines d’Elsenborn et franchir la Meuse entre Liège et Huy . Au Centre , la 5ème Armée Blindée de Hasso von Manteuffel avait pour objectif de traverser le Schnee Eiffel, prendre St Vith et Bastogne et franchir la Meuse entre Namur et Dinant.

Les flancs de l’offensive étant couverts au nord par la 15ème Armée de von Zangen et au sud par la 7me Armée de Brandenberger.

 

15-12

 

Afin de créer la confusion au sein des troupes alliées, des groupes spécialement entraînés, parlant anglais et revêtus de l’uniforme américain, devaient s’infiltrer au travers des lignes alliées et entretenir la confusion, la méfiance et la suspicion dans les troupes américaines. Il s’agissait des commandos du Col. Otto Skorzeny, qui devaient s’emparer des ponts de Huy et d’Amay et des parachutistes du Col. Von der Heydte qui devaient sauter sur les Hautes Fagnes et s’opposer à tous renforts des Alliés venant du Nord.

Face aux 80.000 G.I. américains, 245 chars et 590 canons, le Maréchal Model, commandant le Groupe d’Armées B de l’armée allemande, allait déployer 250.000 hommes, 600 chars et 1.900 canons.

LES ATTAQUES ALLEMANDES DE MAI ’40 et DECEMBRE ’44 – similitudes et différences.

À première vue ces deux attaques peuvent sembler fort similaires et l’on se demande comment les Alliés ont pu s’y laisser prendre une seconde fois.

· En mai ’40 les Allemands ont atteint la Meuse entre Dinant et Sedan et sont remontés vers le Nord-Ouest pour enfermer les Alliés en Belgique.

· En décembre ’44 les Allemands ont essayé d’atteindre la Meuse entre Namur et Liège pour ensuite remonter le long du Canal Albert vers Anvers et piéger une grande part des forces alliées en Hollande.

· En mai ’40 les Belges avaient deux divisions de Chasseurs Ardennais à opposer à l’envahisseur et ils ne furent employés que dans des actions de retardement. L’Etat Major avait en effet décidé d’utiliser la Meuse comme ligne de défense et n’utilisèrent l’Ardenne que pour des actions de retardement devant permettre aux forces principales belges, françaises et britanniques de prendre position derrière la Meuse.

· En décembre ’44 cette erreur ne fut pas répétée. Devant la force de l’offensive allemande les Alliés furent placés devant le même choix qu’en ’40 de résister coûte que coûte dans les forêts et sur les crêtes ardennaises ou de se retirer derrière la Meuse. Ils optèrent pour la résistance sur place.

La Bataille des Ardennes – 16 décembre 1944 au 28 janvier 1945

Après quelques reports successifs, c’est finalement le 16 décembre 1944, à 05 h 30, dans le brouillard et le froid, que débute, de Montjoie à Echternach, l’offensive allemande baptisée du nom de code « Wacht am Rhein » (garde du Rhin). C’est un déluge de feu qui s’abat sur les positions américaines, suivi par l’assaut des blindés et des fantassins.

Du côté américain la surprise est totale. N’en prenons pour preuve que l’arrivée à Honsfeld le matin du 16, à moins de 5km du front, de Marlène Dietrich avec une troupe de comédiens venus donner une représentation à des unités au repos !

Les troupes allemandes attaquent suivant trois axes : Malmedy-Stavelot, Saint Vith - Vielsalm et Wiltz-Bastogne.

 

16-12

 

Le brouillard cloue l’aviation alliée au sol et permet aux unités allemandes de progresser vers leurs objectifs respectifs. Les commandos allemands revêtus d’uniforme américain opèrent efficacement derrière les lignes américaines.

Mais au nord, l’élan de la 6ème Armée Blindée allemande de Sepp Dietrich est brisé par la résistance des 2ème et 99ème Division d’Infanterie.

Seul le groupement blindé SS commandé par le colonel Joachim Peiper de la 1° Panzer Division, de la 6ème Armée Blindée, perce malgré tout en direction de Stavelot et de Trois-Ponts, jalonnant sa progression de massacres de prisonniers américains et de civils, notamment à Baugnez, Ligneuville et Stavelot.

Au sud, malgré certaines difficultés, la 5ème Armée Blindée de von Manteuffel approche avec détermination de St Vith et de Houffalize, et se dirige vers Bastogne.

Pendant ce temps, les premières divisions américaines arrivent à marche forcée pour renforcer Elsenborn, Saint-Vith, Houffalize et Bastogne.

Le 18 décembre, les 82ème et 101ème Division Aéroportée US, en repos près de Reims, sont dépêchées par la route et jetées dans la bataille, dans les secteurs de Bastogne et de Trois-Ponts.

Alors que, suivant leur plan de bataille, les troupes allemandes devaient traverser la Meuse, elles sont toujours confrontées à la résistance des troupes américaines à Saint-Vith et Bastogne.

Les premiers chars allemands, à proximité de Bastogne, entrent en contact avec les points de défense établis par la 10ème Division Blindée et les parachutistes de la 101ème Division Aéroportée, chargés de défendre la ville.

Au même moment, des éléments des 30ème Division d’Infanterie et 3ème Division Blindée américaines, arrivant de Hollande, parviennent avec les parachutistes de la 82ème Division Aéroportée à bloquer l’avant-garde allemande de Joachim Peiper à La Gleize.

Pour les défenseurs américains la situation se dégrade. En effet, dans le Schnee Eifel, deux régiments d’infanterie de la 106° Division, soit près de 6.000 hommes, sont encerclés et faits prisonniers. De plus, la 2ème Division Blindée allemande qui a contourné Bastogne approche dangereusement de Dinant et de la Meuse.

Eisenhower fait appel au XXX Corps britannique :

Le 19 décembre, suite à une réunion de crise à Verdun, le Gén. Eisenhower, ayant un grand besoin de l’appui des unités du XXX Corps britannique pour arrêter et repousser les troupes allemandes qui approchent de la Meuse, décide de redistribuer les responsabilités de ses généraux : la 1st US Army du Général Hodges allait temporairement être intégrée dans la 21st Army Group commandée par le Maréchal Montgomery et ainsi impliquer les unités britanniques dans la Bataille des Ardennes.

 

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Les forces situées au nord de la ligne Givet – Prüm seront donc commandées par le Maréchal Montgomery, et celles situées au sud par le Gén. Bradley, commandant du 12ème Groupe d’Armées US. Il est également décidé que le Gén. Patton mènera une contre-attaque par le sud.

 

19-12

 

Les unités britanniques du XXXème Corps, commandé par le Gén. Horrocks, seule réserve tactique disponible du S.H.A.E.F., font mouvement et occupent une position d’attente entre Louvain et Maastricht, tout en envoyant des patrouilles de reconnaissance le long de la Meuse : la Guards Armoured Division dans la zone Tirlemont-Diest-St-Trond, la 43rd Wessex Division dans la zone Tongres-Hasselt-Bilzen et la 53rd Welsh Division de Louvain à Ottignies le long de la Dyle.

La 51st Highland Division, qui était au repos dans les environs de Nijmegen, passait sous commandement du XXX Corps et recevait l’ordre de faire mouvement vers Liège d’abord et ensuite vers Louvain.

Enfin, les hommes de la 6th Airborne Division britannique qui espéraient passer Noël en famille étaient mis en alerte. Les conditions atmosphériques ne permettant pas le largage d’unités parachutées, c’est par la mer et par la route que, le 24 décembre, les paras britanniques rejoindront la pointe extrême de l’offensive allemande entre Dinant et Ciney.

 

22-12

 

Devenue indéfendable, vu la progression des troupes allemandes, les alliés se retirent de Saint-Vith.

Le 22 décembre, la neige tombe sur le front. Les accès de Bastogne sont coupés par les troupes allemandes. La ville et ses défenseurs sont finalement encerclés. Mais les parachutistes de la 101ème Division Aéroportée tiennent bon. A la demande de reddition des émissaires allemands, le Gén. Mc Auliffe leur répondra par son célèbre « NUTS ».

Mais, selon les plans établis, les Allemands auraient déjà dû atteindre Anvers et ses installations portuaires. Le retard est énorme.

Pour les alliés, tous les espoirs se portent maintenant sur la contre-attaque menée par le Gén. Patton et ses unités blindées pour libérer la ville assiégée de Bastogne.

La progression des troupes du Général Patton est cependant rendue difficile par la pluie et la neige. Les hommes étaient épuisés et transis de froid.

Excédé, Patton ordonne à l’Aumônier James O’Neil de rédiger une prière qu’il fit imprimer sur la carte de vœux de Noël distribuée aux officiers et aux soldats de sa 3° Armée. Connaissant bien le Général, l’Aumônier s’efforça de rédiger une prière dans un « style » qui serait accepté par le «Grand chef».

La Prière du Général Patton :

« Monsieur, c’est Patton qui vous parle. La dernière quinzaine fut un véritable enfer. Pluie, neige, encore de la pluie, encore plus de neige…- je commence à me demander ce qui se passe dans votre Quartier Général. De quel côté êtes-Vous finalement ? …

…Vous semblez avoir changé de cheval à mi-parcours. Vous donnez tous les avantages à von Rundstedt qui nous pousse dans nos derniers retranchements. Mon armée n’est ni entraînée ni équipée pour l’hiver. Et, comme Vous le savez très bien, ce temps est plus fait pour des Esquimaux que pour des cavaliers du sud…

…Vous savez, sans que je Vous le dise, que notre situation est désespérée . Il n’est pas nécessaire que je Vous dise que ma 101 Airborne fait face à trois divisions autour de Bastogne. J’y ai envoyé ma 4° Div. Blindée pour essayer de lui venir en aide mais ils trouvent que Vos conditions atmosphériques sont bien plus difficiles à contrer que les forces ennemies…

Je n’aime pas me plaindre déraisonnablement, mais mes soldats de la Meuse à Echternach souffrent comme des damnés. Aujourd’hui j’ai visité un hôpital rempli de cas d’engelures et les blessés meurent dans les champs faute de pouvoir être ramenés…

…mes aumôniers me disent que je dois prendre patience et avoir foi. Foi et patience, mon œil ! Il suffit que Vous Vous décidiez une bonne fois pour toutes de quel côté vous êtes. Vous devez venir à mon aide pour que je puisse anéantir toute l’armée allemande comme cadeau d’anniversaire pour Votre Prince de la Paix…

…Monsieur, je n’ai jamais été un homme déraisonnable. Je ne vais pas Vous demander l’impossible. Je ne vais même pas insister pour avoir un miracle, tout ce que je demande c’est 4 jours de temps clair…

…Donnez-moi 4 jours de beau temps et je Vous livrerai suffisamment de Boches pour mettre vos comptables en retard de plusieurs mois…Amen »

Et au verso, son message de Noël disait : « A tout officier et soldat…je souhaite un Joyeux Noël. J’ai une confiance totale en votre courage, votre dévouement et vos qualités de combattants. Nous avançons avec toute notre force vers une victoire complète.

Puisse Dieu bénir chacun d’entre vous en ce jour de Noël »

L’importance de la météo dans cette bataille :

Le mauvais temps qui sévissait sur le continent européen depuis l’été jusque la fin de 1944, allait être mis à profit par les Allemands lors de leur ultime offensive des Ardennes. C’est sur la base des prévisions de Werner Schwerdfeger, prophète des prévisions météorologiques, que Hitler, qui lui faisait entièrement confiance, décida de la date et de la tactique des premiers jours de l’offensive dans des conditions atmosphériques épouvantables. Le brouillard épais, le froid, la neige, le verglas, les pluies et les boues ainsi que le relief ardennais étaient autant d’éléments peu propices à une attaque d’envergure.

L’aviation Alliée, clouée au sol, n’avait pu se rendre compte des préparatifs allemands au-delà de la Ligne Siegfried et lors de l’attaque elle ne put apporter son soutien aux troupes au sol.

Avec le front enfoncé et Bastogne encerclé il devenait pressant pour les Alliés de connaître l’évolution du temps.

A Reims la 21e Weather Squadron au QG de la 9° Division de bombardement du Major-Général Sam Anderson, surveillait l’évolution du temps.

Le 22 décembre vers minuit le Lieutenant Lloyd Vanderman constatant une humidité très faible, une température en forte baisse et une pression atmosphérique qui montait, dressa un bulletin du temps très favorable justifié par l’aire anticyclonique qui se déplaçait vers l’Est.

Fort de ces renseignements tant attendus et sûrs, Anderson appela la 9e Air Force à Luxembourg. Ceux-ci donnèrent quelques objectifs à Anderson qui ordonna a ses hommes de tenir les bombardiers prêts à décoller.

Notons aussi que pour le simple fantassin dans son trou d’homme ou pour le conducteur de blindé sur les petites routes ardennaises verglacées ou enneigées les conditions atmosphériques constituaient le facteur le plus marquant de cette bataille. Tous les vétérans qui reviennent en parlent encore. Avec, dans la première quinzaine, la boue, la pluie, le brouillard et le froid humide beaucoup d’hommes souffrirent de « trench foot ». Lors de la seconde quinzaine ce fut d’abord la neige et ensuite les grands froids avec des températures descendant la nuit à – 25° et les engelures causèrent presque autant d’évacuations que les blessures de guerre.

Et…à partir du 23 décembre et durant 5 jours, le temps s’améliore. Après le brouillard et les chutes de neige, une période ensoleillée permet à l’aviation alliée de ravitailler les assiégés de Bastogne et de harceler les unités allemandes.

La colonne blindée de Joachim Peiper est définitivement arrêtée et encerclée à La Gleize. Seuls près de 800 rescapés réussissent à traverser les lignes américaines pour rejoindre leurs unités en abandonnant plus d’une centaine de véhicules blindés.

Les blindés de la percée extrême allemande sont arrêtés et détruits en vue de Dinant par la 3rd Royal Tank Regiment britannique et un Régiment de blindés US. C’est l’échec de la percée de la 5ème Armée allemande de von Manteuffel.

 

24-12

 

…Les Allemands ne franchiront jamais la Meuse et…

…l’objectif tactique devient Bastogne.

Estimant qu’ils ne peuvent plus atteindre Anvers et ses installations portuaires, le haut commandement allemand décide de porter l’effort principal sur Bastogne qu’il faut prendre à tout prix.

C’est Noël ! Militaires et civils essayent de donner une atmosphère de Noël. Mais il n’y a aucune trêve. Sur tous les fronts les combats sont menés avec le même acharnement.

Le lendemain de Noël, des éléments de la 4ème Division Blindée de la 3ème Armée du Gén. Patton décident de foncer vers Assenois, au sud de Bastogne, et réussissent à percer les lignes allemandes et à rejoindre les défenseurs de la ville assiégée.

Le siège de Bastogne était rompu.

Immédiatement un convoi d’ambulances emprunte le «couloir» d’Assenois vers Bastogne et en revient avec des blessés pour les amener dans les hôpitaux de campagne.

 

27-12

 

Le 30 décembre, c’est l’échec d’une attaque générale lancée par le Maréchal von Manteuffel et sa 5ème Armée Blindée, pour la prise de Bastogne.

De leur côté, les Alliés, sous l’impulsion du Gén. Patton, exercent une pression croissante afin de dégager totalement la ville de Bastogne.

C’est également le début d’une période de très grand froid et de fortes chutes de neige.

Après des journées de durs combats, les troupes allemandes échouent dans leurs tentatives de couper le «couloir» d’accès vers Bastogne.

L’avance allemande est stoppée, la contre-offensive se prépare.

Pendant que se déroule la bataille au sud de Bastogne, les alliés poursuivent les préparatifs d’une contre-attaque générale décidée pour le 3 janvier 45, avec la participation du XXXème Corps d’Armée britannique du Gén. Horrockx.

Les troupes britanniques, dont la 6ème Division Aéroportée, la 51ème Division d’Infanterie écossaise et la 53ème Division d’Infanterie galloise ainsi que les 29ème et 33ème Brigades Blindées, attaqueront entre Dinant et Hotton en direction de la Roche-en-Ardenne.

La 1ère Armée US du Gén. Hodge, avec le VIIème Corps du Gén. Collins et le XVIIIème Corps Aéroporté du Gén. Ridgway, attaquera vers le sud en direction de Houffalize.

De son côté la 3ème Armée US du Gén. Patton, toujours fortement engagée dans les environs de Bastogne, devra pousser son attaque vers le Nord, également en direction de Houffalize.

 

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Le 1er janvier 45, le commandement allemand décide de lancer une grande opération aérienne. Plus de 900 avions prennent leur envol pour détruire les aérodromes alliés et les escadrilles qui s’y trouvent. L’attaque surprend les alliés, mais l’opération de la Luftwaffe est un demi-échec.

ANECDOTE : Le 2 janvier en préparation de la contre-attaque alliée du lendemain matin, un groupe de démineurs enleva les mines anti-char qui protégeaient la petite route montant du village de Mélinnes vers le sommet de la crête près de Soy. Le soir tombant, ils entassèrent ces mines dans le fossé du bas côté de la route.

Le matin du 3 janvier l’attaque fut déclenchée et le premier char descendant cette route, surpris par le verglas, glissa, sortit de la route et explosa sur le tas de mines, tuant non seulement les cinq occupants du char mais aussi les fantassins sur le char et ceux qui suivaient derrière.

Un monument érigé à l’endroit de l’accident nous rappelle cet incident qui ne fut qu’un parmi tant d’autres.


 

 

La contre-attaque et la seconde libération de l’Ardenne

Le 3 janvier 45, dans le froid et la neige, débute la contre-attaque générale des armées alliées.

Le Sergent Theodore Draper (84th Inf. Div) rapporte : «L’ennemi fut surpris et des prisonniers furent capturés endormis. Ils ne pouvaient imaginer que nous lancerions une offensive par un temps pareil. Les routes étaient verglacées, la température tomba en flèche et le sol devint comme de l’acier.

Il fallait deux bonnes heures pour percer la croûte gelée de la terre. Il fallait de deux à trois heures de plus pour creuser jusqu’à un mètre de profondeur. Un bon trou de fusilier doit avoir 1m50 de profondeur et c’était pratiquement impossible à réaliser…

…dans ces conditions extrêmes, la façon la plus rapide de geler était de rester couché immobile. Ce qui faisait dire aux hommes que la seule chose pire que ne pas dormir était de dormir ! Ils s’endormaient dans des manteaux quand ils en avaient et se réveillaient dans des «panneaux » de glace !. Les engelures étaient aussi dangereux que les fusils d’en face… »

Malgré cela la contre-attaque se développait de jour en jour et…

Le 8 janvier, prenant conscience de la progression des troupes britanniques et américaines, le haut commandement allemand décide de retirer ses unités du saillant et de réduire le front. Des unités repousseront les attaques des alliées afin de permettre au gros des troupes de se replier et d’établir de nouvelles positions défensives.

Le 11 janvier la ville de la Roche-en-Ardenne est libérée par la 51ème Division Ecossaise, rejointe par une unité de reconnaissance attachée à la 84th US Infantry Division.

 

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C’est également le 11 janvier que, lors d’une reconnaissance, une patrouille du 1st Canadian Parachute Battalion de la 6° Airborne, accompagnée de SAS belges, découvre avec horreur à Bande les corps de 34 civils du village abattus d’une balle dans la nuque par les allemands la veille de Noël et abandonnés dans la cave d’une maison détruite.

 

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contact : info@batarden.be
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