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Histoire de la Bataille des Ardennes

MAI '40

LA BELGIQUE PROTEGE SA NEUTRALITE

La Belgique, pays neutre de par la volonté des nations européennes qui ratifièrent son indépendance en 1831, se devait d’interdire le passage sur ses terres de toute nation qui voudrait y passer pour en attaquer une autre.

C’est pourquoi elle entreprit dès 1887 la construction d’une ceinture de forts autour de Liège (face à l’Allemagne) et de Namur (face à la France). C’est le Général Brialmont qui assumait la responsabilité de l’édification de ces ouvrages défensifs.

Ces forts servirent une première fois en 1914.

La portée et la puissance de l’artillerie ayant fortement augmenté, il fut décidé en 1936 de renforcer les anciens forts et d’en construire quatre nouveaux, plus éloignés de Liège et mieux adaptés. Aubin-Neufchâteau, Tancremont, Battice et Eben-Emael.

Le fort d’Eben-Emael était considéré comme le fort le plus puissant du monde et réputé imprenable…

MAI ’40 – LA CAMPAGNE DE 18 JOURS

…lorsque le 10 mai à l’aube 9 planeurs allemands des 11 prévus et occupés chacun par 8 à 10 hommes, atterrirent sur le fort à proximité des coupoles et casemates! Nous assistions à la toute première opération de commando aéroportée de l’histoire et…un quart d’heure plus tard le fort était pris grâce aussi à une nouvelle arme, la charge-creuse.

Les planeurs DFS-230 capables de transporter une charge utile de 900 Kg. Avaient fait leur oeuvre et le rôle que devait jouer Eben-Emael dans la défense du territoire était terminé !

La 7° Division d’Infanterie et le 2° Régiment de Carabiniers, le long du Canal Albert firent de leur mieux pour contenir l’avance allemande mais ce fut au prix de 224 morts avant d’être submergés.

C’est ici, pour la traversée du canal que furent utilisés pour la première fois les canots pneumatiques qui seraient bientôt connus sous le nom de «dinghy ».

Les autres forts résistèrent de leur mieux mais tombèrent l’un après l’autre devant la force de frappe ennemie.

Battice tomba après 12 jours de combat lorsqu’une bombe de Stuka pénétra par ricochet dans le poste de commande, tuant les 28 personnes présentes.

Tancrémont ne se rendit que le 29 mai, soit le jour après la capitulation de la Belgique.

La route vers Maastricht, la Meuse et Anvers était ouverte.

Le Plan d’Attaque de Hitler :

C’est Hitler lui-même qui, en octobre 1939, planifia l’attaque d’Eben-Emael et décida de modifier le plan d’attaque général qui était initialement de forcer un passage par Sedan. L’idée était de créer une diversion et de pousser les armées alliées à pénétrer en Belgique, facilitant de la sorte la percée de Sedan.

Les Alliés pris par surprise :

La Belgique a compté jusqu’au bout sur le fait que sa neutralité serait respectée. Ce n’est en fait que plusieurs heures après la prise d’Eben-Emael et des nombreux morts dans les rangs belges que l’ambassadeur d’Allemagne à Bruxelles déclara officiellement que l’attaque allemande avait comme unique objectif de sauvegarder la neutralité de la Belgique qui était «menacée par la Grande-Bretagne et la France ».

Le Plan de Bataille Allié :

Deux Corps d’Armée britanniques devaient s’avancer rapidement jusqu’à la ligne Louvain-Wavre où ils opéreraient leur jonction avec les troupes françaises à droite et belges à gauche.

Le troisième Corps d’Armée resterait en réserve à l’arrière.

Notons la présence de la 3rd Infantry Division sous le commandement du Major-Général Montgomery qui allait bientôt s’illustrer à Louvain et plus tard en Afrique du Nord.

Du côté français la 7° Armée du Général Giraud se dirigeait vers les Flandres et Anvers alors que la 1° Armée se déployait entre Wavre et Namur. La Cavalerie des 2° et 9° Armées avança vers la Meuse et leurs éléments légers poussèrent vers Marche, Bastogne et Neufchâteau.

Les unités belges se concentraient sur une ligne Anvers – Canal Albert – Namur. Le Général Keyaerts, commandant le «Groupement K » qui était composé de la 1° Division de Chasseurs Ardennais, de trois régiments de Cavalerie, d’un régiment cycliste et d’un bataillon de motocyclistes, était envoyé sur les hauteurs ardennaises dans le seul but de retarder l’avance ennemie vers la Meuse où était établie la vraie ligne de défense.

La 1° Division de Chasseurs ardennais allait aussi couvrir un front de 85 km le long de la frontière orientale.

Pendant que ceux-ci retardaient l’avance allemande, la division du Général Deschamps devait détruire les ponts et placer des barrages avant de se replier.

Les barrages routiers :

Les destructions sur les routes ardennaises gênèrent beaucoup les Allemands dont l’avant-garde ne disposait pas de matériel lourd. Les Belges avaient créé des zones étanches de 200 mètres de profondeur : 3 fossés antichars de 8 mètres de large et de 4 mètres de profondeur, arbres abattus des deux côtés de la route et s’entrecroisant en travers de celle-ci, des champs de mines…

Ailleurs, c’était d’énormes cratères avec d’un côté un talus et de l’autre un précipice.

Cela ne pouvait tout au plus que retarder l’avance allemande.

Le rouleau compresseur allemand :

Alors que la 6° Armée allemande attaque à travers la Hollande vers la ligne Anvers – Namur, la 4° Armée traverse l’Ardenne de Aachen à Bastogne vers la ligne Namur – Givet.

La 12° Armée attaque vers le sud entre Bastogne et Arlon vers Bouillon et Sedan.

Malgré les actions de retardement en Ardenne et la résistance des forces alliées, la puissance de guerre allemande ne peut être contenue bien longtemps et, l’une après l’autre, nos villes tombèrent.

Liège le 12 mai

Hotton le 12 mai

Ciney le 13 mai

Bouillon le 14 mai

Diest le 14 mai

Yvoir le 14 mai

Couvin le 16 mai

Anvers le 18 mai

Bruxelles le 18 mai

Malines le 20 mai

Gand le 24 mai

Courtrai le 26 mai

Tielt le 27 mai

Diksmude le 28 mai

En 18 jours le rouleau compresseur allemand avait envahi plus de 95% du territoire.

Seuls La Panne, Furnes, Poperingue et quelques villages étaient encore libres, mais seulement jusqu’au 1 juin. Le 31 mai vit en effet les Britanniques se retirer vers Dunkerque dans l’espoir d’évacuer le plus d’hommes possible vers l’Angleterre.

La guerre était finie pour les Belges…et les longues années d’occupation commençaient.

 
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